Le parcours de B2ZOB

Le parcours de B2ZOB
Ils ont 19 ans en moyenne et la panoplie des gosses de banlieue : bas de survêtement noué au-dessus de la cheville et crâne rasé sous la casquette. Au milieu des garçons majoritaires, quelques filles venues en groupe. C'est la génération «T'inquiète» comme les appelle Booba, 26 ans, celui qu'ils sont venus voir en concert ce soir à Marseille. En deux albums et deux passages par la case prison, Booba, «l'Métisse café crème, le MC cappuccino» comme il se définit lui-même, est devenu le héros de ces jeunes qui «déchirent leurs amendes, se prennent pour les chefs tout en sachant qu'ils risquent plein d'emmerdes, qui foncent vers un mur en espérant qu'il soit en polystyrène».


Du haut de son mètre quatre-vingt-douze, ce métis franco-sénégalais rappe avec des cailloux dans la voix. Sa syntaxe, son jargon de la rue mêlé de mots arabes et d'images fortes («J'ai roté mon poulet rôti et recraché deux îlotiers») ont su capter l'attention d'une jeunesse qui se sent mal aimée, montrée du doigt par les autorités.
Dans les quartiers, Booba et Ali, son complice d'origine marocaine dans le groupe Lunatic, ont piqué la vedette aux NTM et IAM depuis leur brûlot le Crime paie.
Là, Booba, «criminel au MIC» (micro, ndlr), écrit : «Une grosse capuche recouvre ma tête grillée, pour deux-trois billets le chrome je fais briller.» Quelques mois plus tard, Elie Yaffa, de son vrai nom, est arrêté pour avoir agressé un chauffeur de taxi avec une arme à feu.Dans le rap français, une légende est née, Booba n'aura pas mis longtemps à prouver sa street credibility. Il devient l'emblème du rap hardcore.


Condamné à quatre ans de prison, il sort au bout de dix-huit mois en liberté conditionnelle. Il évoque son expérience carcérale dans un unique morceau, la Lettre,mais refuse systématiquement d'en parler dans les interviews : «Je n'avais pas envie de me faire de la pub, explique-t-il dans les coulisses de son concert marseillais. Faire de la prison pour avoir braqué un taxi, ce n'est pas glorieux. Je ne comptais pas construire ma vie avec ce larcin. C'était un sale délire. La jeunesse, on veut tout, trop vite et n'importe comment

Pudique, Booba refuse de se livrer, cultive les zones d'ombre sur son CV, comme sur scène où il aime rapper dans l'obscurité. Ce «gosse à problèmes» ne veut rien dire de ses blessures d'enfance.
Même le métier de ses parents, pour lui, relève de la sphère privée : «Mon père est sénégalais, concède-t-il, ma mère française, ils se sont rencontrés ici. Je suis d'un milieu modeste. Je suis né dans les Hauts-de-Seine, à 2 km d'où je traîne.» Vers 10-11 ans, après le divorce de ses parents, il part vivre avec sa mère à Cagnes-sur-Mer, puis s'envole pour les Etats-Unis pendant l'été de ses 15 ans. Il demande à rester pour l'année scolaire dans sa famille d'accueil, une institutrice et un employé municipal de Detroit, afro-américains : «L'Amérique, c'était comme je l'imaginais... en mieux. J'avais l'impression d'être dans mon poste de télé : les sirènes, les grandes avenues, les buildings. A l'école, je me sentais mieux. On faisait une heure de sport par jour, on pouvait choisir les matières. En histoire, j'avais pris le programme sur les Noirs américains. En France, du CP à la seconde, on te parle de la Joconde et de la Seconde Guerre mondiale. J'aurai aimé qu'on me raconte l'esclavage, la guerre d'Algérie, qu'on m'explique pourquoi l'immigration

De retour en France, il passe trois semaines en première d'adaptation, puis atterrit en BEP vente qu'il obtient «les doigts dans le nez».
Nourri au reggae de son grand frère, au m'balax, variété sénégalaise, et au funk de son père,Elie trouve dans le rap un moyen d'exprimer son mal-être lié à ses «conflits parentaux, raciaux...»: «Là, il y avait des gens qui me ressemblaient et qui réussissaient.»Comme pseudo, il choisit le nom de son cousin sénégalais,Booba. «Enfant métis élevé par ma mère blanche, tente-t-il d'expliquer, j'ai entendu beaucoup de choses. Quand il fallait me réinscrire dans un collège, ma mère me disait : "Te montre pas." La France, avec tous ses défauts, c'est pas le tiers monde. Mais ce n'est pas pour ça qu'on n'a pas le droit de se plaindre. Ils veulent que tu t'intègres en te faisant te sentir mal partout. T'as une belle voiture, tu te fais contrôler deux fois par jour. Il y a toujours ce plafond qu'on n'arrive pas à percer.» Sa patrie, son territoire, c'est les Hauts-de-Seine mais il se dit cousin de tous ceux qui partagent comme lui la même haine. De quoi ? «Du système, à commencer par les études. T'es découragé avant d'avoir commencé. Quand je fais un truc, j'aime bien savoir que j'ai la possibilité d'arriver au top, et que je peux être numéro un. Souvent, d'ailleurs, on rejette le système à cause de ses limites, on se met en marge pour retrouver une sensation de liberté

«Le passé a kidnappé l'avenir», écrit-il dans son album Temps mort, certifié disque d'or. En attendant, c'est sa réputation qui l'a rattrapé. Au printemps dernier, des jeunes le prennent à partie dans une boîte d'Aubervilliers : «Ce n'est pas la première fois que des mecs venaient me brancher sur le mode "C'est toi, Booba" d'un air "Voyons ce que t'as dans le ventre."» La confrontation tourne mal. Un des impliqués est grièvement blessé par balle. On accuse Booba d'avoir tiré. Le Monde et le Parisien relaient l'information. «Quand je fais de la musique et que j'obtiens un disque d'or, on n'en parle nulle part. Mais que je trébuche et, là, j'ai ma tête en gros plan dans les journaux. J'ai fait quatre mois de prison pour ça. Après confrontations et expertises balistiques, la juge m'a finalement libéré.» Depuis, Booba participe à la bande originale de Taxi 3 et passe en radio avec Destinée. En interview, il modère les positions virulentes de son album sur les homosexuels («Je suis qu'une petite vedette anti-dèp») : «Quand je parle de rap de pédé, je parle de rap de fillette. Je ne me considère pas comme homophobe, juste gêné quand je vois deux mecs s'embrasser. Tant qu'ils ne me draguent pas, moi, je reste tranquille.» Sa haine des «condés» reste toujours aussi vive : «Il faut les voir quand t'es en garde à vue, ils ne valent pas mieux que les mecs qu'ils arrêtent.» Mais, là aussi, il y a de l'espoir : «Remarque, les policiers aussi s'ennuient, ils se disent : "Allez, on va s'en contrôler deux-trois." Les petits du quartier rêvent de Tony Montana (héros de Scarface), eux de Rick Hunter (le flic de la série télé américaine du même nom, ndlr).»

Dans son dernier album, un morceau donne son nouveau ton : Jusqu'ici tout va bien. «La vie, c'est dur mais ici on s'en remet/Je déconne je sais, changer j'essaie/Plus rien ne m'étonne, jusqu'ici tout va bien.» Le public du rap français a l'habitude de délaisser ses idoles dès qu'il sent qu'elles ne lui appartiennent plus. L'avenir dira si, pour
Booba, la génération «T'inquiète» suivra.

# Posté le samedi 26 mai 2007 07:32

Modifié le mercredi 14 novembre 2007 11:32

Ils savent pas si j'aurais du naître, qu'ils aillent se faire baiser moi je vais devenir ce que j'aurais du être

Ils savent pas si j'aurais du naître, qu'ils aillent se faire baiser moi je vais devenir ce que j'aurais du être
C'est un extrait tirée de " Nouvelle revue Française " qui parle de Booba!
Thomas Ravier le compare à un démon des images car à chaque rime de Booba une image nous apparaît en tête!
J'ai pas mit le passage où il donne des exemple de cela ainsi qu'un autre passage qui montre que Booba ne dit pas n'importe quel mot à n'importe quel moment. Chaque mot est calculé au mètre près! Et donc il y a un vrai travail d'écrivain là dessous.


La Nouvelle Revue Française

« On connaît le coup, ai-je envie de dire; stabiliser, fixer l'écrivain quel qu'il soit dans une langue présupposée. Le choix est vaste, le but avoué: séparer les corps, les isoler et préserver du même coup la division des langages dans
la société.
Ainsi du rappeur, préposé à l'inoffensif et quasi parodique « nique la police ». Il faut une intensité définitive pour, sans changer de sujet (par exemple MC Solaar),faire librement, à tête reposée, le choix de sa langue, ou, pour reprendre la belle expression proustienne, se faire une langue:
« Chaque écrivain est obligé de se faire sa langue comme chaque violoniste son "son".» Ici, pas de « n*que la police» mais par exemple «j'ai roté mon poulet rôti et recraché deux îlotiers».
*Octobre 61 ? « J'ai bu la seine et tous ces cadavres
*Sur le haschich et sa fonction neutralisatrice d'une jeunesse énervée:« Si j'hésite c'est qu'une boulette bloque l'automatique. »
l'échec scolaire:«J'suis l'MC scolarisé, j'change mon instruction en polar. »
*l'illicite: «j'fais des sous bêtement, parce que j'veux voir c'pays en sous-vêtement. »
*Sarkosy Casquette baissée dans mon auto, parc' qu'y contrôlent, accusent à tort mon logo, les joueurs d'polo les alligators. »
La politique? Sur le motif, catégorique: « C'est qu'une partouze de chiens errants. »

Rien de ce qui a été perçu par le sujet ne lui a été dicté par une soi-disant réalité .objective ; tout a été passé au crible de sa perception, déréglé, halluciné, métamorphosé.


Dès lors, contrairement au commun des rappeurs,la difficulté d'être du ghetto trouve immédiatement son énoncé singulier:
« Né dans une cible on a coupé mon cordon avec une scie, neuf mois dans un bunker, le majeur debout l'daron a craché dans un chargeur 1Mon sachet d'beu degrainé
pour mieux dégainer les putes chez l'kiné les man en Guinée.
»


On peut parier que si la vision retranscrite par Booba demeure si individualisée, même si inscrite dans le collectif (le genre veut ça, et Booba se veut aussi le représentant des Hauts-de-Seine, voire du peuple africain, lui qui n'a «pas envie d'crever sur les Champs (Note 1 à voir plus bas) »), c'est en quelque sorte que son rap est en dernier lieu le produit d'un autre moi que le moi social ou sa personnalité du ghetto, ce qui est rarement le cas dans le Rap où différents affects communautaires vont interférer sur l'écriture.
Expérience intérieure en amont, vie secrète. D'où l'écrivain, qui seul pourra devenir ce qu'il est «< moi j'veux devenir c'que j'aurais dû être»).

{Là l'écrivain n'a pas pu percevoir le Vrai Message que Booba veut transmettre en disant "jveux devenir ce que j aurai du etre"! Ce n'est pas simplement un message personnel mais cette phrase a une signification beaucoup plus profonde.}
1.A s'arrêter innocemment sur ce dernier vers, on voit combien Booba semble ne jamais choisir le moindre mot au hasard, d'où qu'il puisse être assimilé à un écrivain, lui qui réfuterait probablement violemment cette hypothèse.Ainsi du choix des Champs-Elysées opérant (au-delà de la signification générale de cette image « ne pas mourir sur les Champs» qui paraît renvoyer au mythe du « retour au pays» prépondérant dans l'écriture du rappeur) une démultiplication des sens: pourquoi pas une référence au Soldat Inconnu, mais également au mythique et sanglant braquage de la rue Pierre-Charron?
Plus sûrement à l'axe économique dominant la ville, vaste vitrine parisienne
au feu de laquelle on risque de succomber, en ce lieu qui est aussi une zone rituelle privilégiée des regroupements banlieusards; enfin, si l'on pense que nous sommes par ailleurs situés à l'endroit du Virgin-Megastor, colossal monopole musical, peut-être le désir formulé de ne pas être broyé par le Marché du disque...






Texte écrit par l'écrivain Thomas A. Ravier

# Posté le samedi 26 mai 2007 07:00

Modifié le mercredi 14 novembre 2007 11:32

SiSi

SiSi
c quoi ta chanson préferé?

# Posté le jeudi 24 mai 2007 14:38

Modifié le mercredi 14 novembre 2007 11:33

Autopsie Vol 2

Autopsie Vol 2
01 - Intro
02 - Garcimore
03 - Le D.U.C
04 - Freestyle Boulbi (Cut Killer Show)05 - intro Mix-Tape Evolution
06 - Tu m'connais pas Feat Mala
07 - Freestyle Ouais Ouais (Planete Rap)
08 - Me And You Remix Cassie
09 - All I Have (Naadei)
10 - Du Biff 921
11 - Freestyle Kennedy
12 - Nique sa mère (Kennedy)
13 - Mauvais Garçon remix feat. Riddla (971)
14 - Freestyle Je Me Souviens
15 - Quoi qu'il arrive Feat Djé
16 - Hustlin' Remix (Rick Ross)
17 - Freestyle Ouest Side
18 - Momma Remo (Bronx)
19 - intro Patrimoine du Ghetto
20 - On sait l'faire feat 113
21 - Freestyle Boîte Vocale22 - Monnaie dans l'crâne(Djé)
23 - Tout Et Tout D'suite
24 - Freestyle au bout des rêves
25 - Outro - Autopsie Volume 2
26 - Le D.U.C. (Instrumental)
27 - Du Biff (Instrumental)
28 - Garcimore (Instrumental)









A present la derniere mixe tape de b2zob esperons pas la derniere




A ce qu'il parait b2zob va fair un clip pour Garcimore bientot

# Posté le jeudi 24 mai 2007 14:17

Modifié le mercredi 14 novembre 2007 11:33

Ouest side

Ouest side
1. Mauvais garçon

2. Garde la pêche


3. Le duc de boulogne

4. Boîte vocale

5. Boulbi

6. Ouest side

7. 92 izi

8. Ouais ouais

9. Pitbull

10. Je me souviens

11. Le météore

12. Au bout des rêves

13. Gun in hand

14. Au fond dla classe

15. Couleur ébène

16. Outro










Cet opus est l'album que je kiffe le plus je l'ai écouter toute l'année sans m'en lacer

Et toi? ya pas moyen que tu connais pas Ouest Side!T'aimes bien?

# Posté le jeudi 24 mai 2007 13:53

Modifié le mercredi 14 novembre 2007 11:33